Vers un krach de la générosité?

26 octobre 2012

L’expression a cours depuis l’été. Relayée ces derniers jours par Francis Charhon, directeur général de la Fondation de France, elle sonne comme une alerte. L’économie de la générosité et de l’intérêt général est menacée par un krach, une désaffection des dons.

Cette tendance repose sur au moins 3 facteurs. L’augmentation de la fiscalité, tout d’abord : Chacun a bien compris que la hausse diffuse des prélèvements, au-delà des annonces symboliques sur l’imposition des plus fortunés, se portera sur des postes très divers allant de la TVA sectorielle à la redevance télévisuelle. La « contraction », voire la mise en cause de l’existence de nombreux dispositifs fiscaux est une autre épée de Damoclès sur la générosité des Français, particuliers comme entreprises. La réduction des taux de déduction est sur toutes les lèvres. Les craintes sont encore aggravées par les tergiversations du ministère des finances. Enfin, les incertitudes engendrées par la crise nourrissent un attentisme de circonstance.

Mais c’est sans doute la crise, justement, qui dessine de nouveaux chemins et justifie de miser sur l’avenir. Renversement des modèles économiques ou révolution anthropologique faisant apparaître de nouveaux équilibres culturels ou géostratégiques de par le monde, la crise ne saurait en effet se limiter au champ national ou européen.

Ces grands changements invitent à investir avec confiance dans les fondations et institutions qui dressent des perspectives pertinentes. Sans aucun doute le Collège des Bernardins est-il un phare taillé pour la circonstance. Sa programmation explore tous les espoirs et les contradictions de l’époque pour mieux éclairer l’avenir. Une vocation comprise, manifestement, puisque la fidélité de ses donateurs, anciens ou nouveaux, ne se dément pas. Toutes les institutions ne se trouvent pas dans la même situation. Contrairement à la tradition américaine, où les fondations ont toujours pris en charge des pans entiers de l’économie sociale, de la santé ou de la culture, un affaiblissement de leurs ressources pèsera lourd sur la diffusion des initiatives les plus positives. Il est un peu tôt pour disposer des chiffres qui confirmeront la tendance. Une chose est certaine : dans cette période délicate, votre don prend tout son sens !