Anticiper les mutations de l’emploi

3 novembre 2015

Cela fait déjà un an que la Chaire des Bernardins se penche sur la possibilité d’un « humanisme numérique ». La question de l’emploi est l’un des jalons d’une réflexion déjà bien avancée.

L’affermissement de l’économie du partage n’est pas seulement un moyen de contourner les effets de la crise économique et sociale. Elle est le signe d’une mutation profonde et durable à laquelle le tissu économique «institutionnel » n’échappera pas. Les entreprises ne disposeront plus, à l’avenir, de la capacité d’innovation ni des ressources suffisantes pour définir en son seul sein tous les emplois et les talents de demain. Ceux-ci prennent forme via des plateformes collaboratives. La véritable valeur ajoutée de l’entreprise reposera sur sa capacité à repérer et attirer ces talents nés en dehors de son propre écosystème. En octobre, après deux journées de questionnement sur le thème de l’emploi, des robots et de l’intelligence, la Chaire des Bernardins a décortiqué l’enjeu de l’autonomie de l’homme par rapport aux capacités de calcul – et maintenant de décision – de la machine. La numérisation des émotions trouvant ses limites, il semble bien que l’intelligence artificielle n’effacera pas la capacité d’initiative de l’homme. Pour trouver du travail, en dépit d’un très grand nombre d’offres disponibles sur internet, il faut d’abord se bouger ! La complémentarité de l’homme et de la machine sera-t-il l’horizon tranquille de la révolution numérique ? Tout au long de l’année 2016, la Chaire des Bernardins confrontera ses recherches avec des chefs d’entreprise…