Approfondir les grands enjeux du monde

5 janvier 2012

L’Institut européen en science des religions et le Collège des Bernardins organisent un débat à l’Institut du Monde Arabe sur le thème Printemps arabes et religions le 9 février 2012. Le lendemain, 10 février, le Collège accueillera un colloque sur « Les printemps arabes et le religieux » en prolongement du séminaire « Dialogues méditerranéens » du pôle de recherche.

Sur l’autre rive de la Méditerranée, il ne fait aucun doute que la tournure des événements fait apparaître des « printemps » et non un mouvement régional uniforme. D’abord pacifiques, les révoltes tunisienne et égyptienne ont su donner une image assez homogène des manifestations et des aspirations démocratiques qu’elles portaient.  Les derniers mois ont montré des enjeux plus complexes, nourris par des traditions culturelles et politiques différentes d’un pays à l’autre. Un fossé semble également exister entre les populations des villes, sur lesquelles les médias du monde entier se sont concentrés, et les populations plus traditionnelles des arrière-pays.

L’hypothèse selon laquelle les pays du sud mettent en place de nouvelles formes de laïcité adaptées à la réalité du monde arabe sera au cœur des débats de ces deux journées. Quelles sont les formes de sécularisation en marche en Méditerranée ? Les forces contraires de l’islamisme radical pèsent-elles sur un mouvement de sécularisation irrémédiable des sociétés prises dans le mouvement de la mondialisation ? Quelle sera la place des femmes ? La Turquie jouera-t-elle le rôle de modèle qu’on lui prête aujourd’hui pour accompagner de telles transformations ? Ces enjeux appellent une analyse globale que les images les plus spectaculaires des derniers mois, soumises à un rythme médiatique rapide, n’ont pas toujours permis de conduire.

Photo: la place Tahrir, novembre 2011. © Egyptian Liberal

Programme du colloque

Ouverture par Michel de Virville, directeur du Collège des Bernardins

Pourquoi un dialogue sur le religieux en Méditerranée ?

Jacques Huntzinger, ancien ambassadeur de France, Collège des Bernardins

Valentine Zuber, maître de conférences à l’École pratique des hautes études

Sécularisations et les laïcités en Méditerranée

Abdelmajid Charfi, professeur émérite à l’université de Tunis

Mohammed-Sghir Janjar, directeur-adjoint de la Fondation du Roi Abdul-Aziz pour les Études islamiques et les sciences humaines

Ahmad Salamatian, politologue

Jean-Paul Willaime, directeur d’études à l’École pratique des hautes études

Les femmes et le religieux dans les Printemps arabes

Latifa Lakhdar, maître de conférences à la Faculté des sciences humaines et sociales de Tunis

Saïda Ounissa, vice-présidente du Forum of European Muslim Youth and Student Organizations

Wassyla Tamzali, ancienne directrice des droits des femmes à l’Unesco, écrivain, essayiste algérienne

Les Printemps arabes et le religieux

Yadh Ben Achour, président de la Haute instance tunisienne de la réalisation des objectifs de la révolution, de la réforme politique et de la transition démocratique

Amr El Shobaki, président du Forum arabe pour les alternatives, membre du Centre d’études stratégiques Al-Ahram

Vincent Geisser, chercheur à l’Institut français du Proche-Orient de Beyrouth (CNRS), président du Centre de formation et d’étude sur les migrations internationales

Nabil Mouline, professeur à l’Institut d’études politiques de Paris

La Turquie, un nouveau modèle pour les Printemps arabes ?

Samim Akgönül, maître de conférences à l’université Marc Bloch

David Behar, Pôle religions du Ministère des Affaires étrangères

Gérard Groc, chercheur associé à l’Institut de recherches et d’études sur le monde arabe et musulman (CNRS)

Dorothée Schmid, responsable du « programme Turquie » contemporaine à l’Institut français des relations internationales

Printemps arabes, religion et modernité

Yadh Ben Achour, président de la Haute instance tunisienne de la réalisation des objectifs de la révolution, de la réforme politique et de la transition démocratique

Abdelmajid Charfi, professeur émérite à l’université de Tunis

Régis Debray, philosophe, écrivain, président d’honneur de l’Institut européen en sciences des religions

Abdou Filali-Ansary, professeur de philosophie, ancien directeur de la Fondation de l’Aga Khan

Raphaël Liogier, Professeur à l’Institut d’études politiques d’Aix-en-Provence