L’avenir en responsabilité

7 juin 2012

Il n’est pas nécessaire de s’interroger sur les débouchés commerciaux des tablettes de lecture pour constater la situation de l’écriture en France. Inutile également de décortiquer les dernières études sur le niveau des élèves de collège pour le comprendre : les formes classiques d’écriture – et donc d’expression – sont profondément bouleversées. « La faute à qui, à quoi ? ». A la méthode globale, décriée depuis son apparition à la fin des années 1970 ? Au langage Texto, à la consommation compulsive d’informations électroniques ? A la disparition de la belle correspondance épistolaire ? A tout cela, sans doute. On peut résolument expliquer que l’écriture, comme les civilisations dont elle découle, n’est pas éternelle. On peut comprendre aisément que l’écriture est vivante et qu’elle évolue. Mais s’agit-il seulement d’une évolution ? Les brisures de l’écriture ne sont-elles pas le signe d’une profonde décomposition du « corps social ». N’a-t-on pas pris l’habitude de dire avec renoncement « Ce matin, en arrivant au bureau, j’ai lu le texte d’Untel… il ne sait pas ce qu’il écrit ». Et si Untel ne savait pas ce qu’il pense ? La défaite de l’écriture signe-t-elle celle d’une pensée structurée ? Disparaissant peu à peu des rayonnages, la littérature, de plus en plus virtuelle, gardera-t-elle sa propre mémoire ? La lecture sur écran a-t-elle révolutionné l’écriture… ou l’a-t-elle achevée, et la littérature avec elle ? Certes, on n’a jamais autant publié. De quoi sera faite la littérature dans vingt ans, lorsqu’elle sera entre les mains des générations qui auront appris à lire, écrire et compter sur écran? Pour répondre à ces questions trop rarement mises en perspective, Catherine Escrive, journaliste, animera un débat, le mardi 19 juin, sur le thème :Quel destin pour la littérature dans le monde numérique ?

Mardi 19 juin, de 20h à 21h45.

Avec la participation d’Antoine Compagnon (Collège de France) ;
Nathalie Heinich, sociologue, directrice de recherche du CNRS ; 
André Schiffrin, éditeur franco-américain, auteur de L’argent et les mots et de L’Édition sans Éditeurs.

Photo : Lienhard Schulz