La pauvreté, au-delà de l’économie

8 avril 2011

En 2010, l’Observatoire national de la pauvreté et de l’exclusion (ONPE) dressait un constat édifiant sur les nouvelles formes de pauvreté en France. Plus de huit millions de personnes sont aujourd’hui concernées. Si ce nombre est le même qu’il y a dix ans, la situation s’est encore aggravée à la faveur de la crise. Le constat, sans surprise, se fonde sur la remontée brutale du chômage à la fin de l’année 2008. La réalité économique de la pauvreté tient en un chiffre : au moins 1,8 million de Français vivent avec moins de 602 euros par mois.

La pauvreté croissante de personnes pourvues d’un emploi confirme un phénomène de fond. On compte environ 2 millions de « travailleurs pauvres ». Leur situation charrie son lot de conséquences morales : une désespérance accrue, un ressentiment profond et des états dépressifs en hausse.

Pauvreté et désintégration sociale

Plus que l’effet de la crise, la situation révèle à quel point la société française est fragmentée. Que la pauvreté morale et intellectuelle précède la pauvreté économique, voilà qui ne fait plus mystère. Ici et là, des voix s’élèvent, montrant que les desseins du corps social ne sauraient se réduire au seul horizon du fameux « pouvoir d’achat ». La désintégration des structures sociales et familiales  a été pointée à plusieurs reprises en 2010 par le médiateur de la République. Ce désarroi est notamment évoqué dans l’une de ses chroniques sous le titre « consommation, la quête du bonheur jusque dans l’illusion » (www.mediateur-reublique.fr).

Redonner des repères

Comme d’autres institutions soucieuses du devenir de l’homme, le Collège des Bernardins apporte des réponses et un approfondissement des grands sujets de fracture : les Mardis des Bernardins débattent de sujets aussi fondamentaux et concrets que les missions de l’éducation, les rapports dirigeants-salariés, l’économie sociale, le retour des bidonvilles. Ils donnent aussi des raisons d’espérer et de reconstruire une nouvelle relation aux autres en abordant les sujets de la conversion, de l’art, du rire, du bon emploi des nouvelles technologies…

Les conférences de l’Observatoire de la modernité se penchent sur l’ébranlement des certitudes et des modèles économiques, culturels et politiques du début de ce siècle, dressant là aussi des perspectives.

En se consacrant aux thèmes de la transmission et de l’éducation, la Chaire des Bernardins propose pour sa part un examen de la crise éducative occidentale.

Au-delà des marqueurs les plus visibles de la pauvreté, les blessures sociales de notre temps appellent un enseignement qui redonne à l’homme toute sa place. En soutenant le Collège des Bernardins, vous permettez à de nombreuses personnes de tous horizons, et dont les interrogations morales sont lourdes, de trouver des raisons d’espérer, de se ressourcer et… d’agir !