L’art contemporain au Collège des Bernardins : retour sur un parti pris

7 décembre 2012

Le peintre Bruno Perramant expose ses toiles dans l’ancienne sacristie jusqu’au 20 janvier 2013. Ses deux grands polyptiques verticaux composent une œuvre unique sur le thème de la cécité.  Réinterprétant les différents niveaux architecturaux et spirituels du collège, l’artiste superpose ses tableaux du sol vers le ciel tout en obligeant notre œil à considérer la profondeur et l’horizontalité.  Les aveugles est le titre de la grande composition centrale qui reprend l’image des vêtements du sacerdoce et de la préparation des offices pour mieux exprimer le passage d’un état à l’autre. Les draps que l’on retrouve dans la plupart des éléments du polyptique nous rappellent que la peinture de Bruno Perramant a toujours été savante et mystérieuse. Ici, elle est empreinte de références aux retables de l’art occidental. La cécité évoque notre difficulté à percevoir la réalité tandis que, en contrepoint, l’aveuglement introduit l’idée de la lumière mystérieuse dont celui qui croit voir est privé.

Depuis l’exposition très minérale de Parmiggiani en 2008, le Collège des Bernardins a pris le parti de l’art actuel comme vecteur de réflexion sur notre temps. Comment obtenir une lecture pertinente des évolutions de la société occidentale sans confronter tradition et modernité ? Les créations contemporaines permettent également d’échanger avec un public habituellement éloigné des lieux d’expression de la sagesse chrétienne. Elles sont largement relayées dans les médias, faisant du collège un lieu de réflexion à la fois complet et reconnu.