Parvis des Gentils: croyants et non-croyants

12 avril 2011

Plutôt bien relayé par la presse, le Parvis des Gentils est une initiative heureuse du Conseil pontifical de la culture en faveur du dialogue entre croyants et non croyants. La table ronde conclusive de cet événement inaugural s’est tenue au grand auditorium du Collège des Bernardins le 25 mars 2011. Après les trois séances de l’Unesco, de la Sorbonne et de l’Institut de France, un débat passionnant a notamment réuni Axel Kahn, président de l’Université Paris Descartes, Emmanuelle Mignon,  secrétaire générale des studios Europacorp, Bruno Racine, président de la Bibliothèque nationale de France, le Cardinal Gianfranco Ravasi, président du conseil pontifical de la culture, et Alain Christnacht, Conseiller d’Etat.

Des missions de dialogue

La concordance entre le Parvis des Gentils et les missions du Collège des Bernardins est évidente : il s’agit d’interpréter les transformations de notre temps à la lumière de la sagesse chrétienne. La sécularisation des sociétés occidentales ne rend-elle pas de plus en plus pertinent le dialogue entre les croyants, les non-croyants et les fidèles d’autres confessions? Comme les intervenants de la table ronde l’ont souligné, l’histoire montre en effet la permanence de la quête de vérité à travers la révélation, les sciences ou la philosophie.

Après les désillusions, le temps des interrogations

Le positivisme du XIXe siècle avait rendu intolérable, pour de nombreux esprits, la question de l’au-delà. Mais à l’heure des grandes remises en question scientifiques et sociales, l’opposition systématique entre foi et raison s’estompe. Les premières conclusions du parvis des gentils sont tournées vers l’avenir : on redécouvre qu’en insistant sur la liberté de conscience, la laïcité ne vise pas à refouler la religion en dehors de la sphère publique ni même à l’ignorer. En se retrouvant sur la valeur de l’homme, les religions relient les hommes plus qu’elles ne les divisent. Et la fracture apparente entre l’Eglise et l’art contemporain après des siècles d’art judéo-chrétien montre à quel point les nouvelles expressions artistiques peuvent être source de dialogue et d’interrogation sur le réel et l’au-delà. Si l’art n’est plus majoritairement religieux, il n’en reste pas moins porteur des préoccupation profondes de leurs auteurs, particulièrement lorsqu’ils montrent un monde en souffrance.

Pour une prochaine édition

Si la première édition du Parvis des gentils a surtout réuni des catholiques et relativement peu de non croyants, ce lancement a été l’occasion de réaffirmer la réalité des actions des Bernardins au-delà de son public habituel.  L’enjeu des prochaines éditions ? Loin des compromis et des témoignages d’usage, il s’agira d’édifier, sur de grands sujets, les conditions d’une pensée commune entre croyants et non-croyants. Votre soutien est d’autant plus précieux qu’il permet au Collège des Bernardins de porter une voix d’espérance et de donner un écho médiatique certain au renouveau du dialogue entre l’Eglise et la société.