Un débat pour tous

29 janvier 2013

L’église catholique est régulièrement considérée par les partisans du projet « mariage pour tous » comme un obstacle aux grandes avancées sociétales. De fait, beaucoup de prises de positions sur le sujet s’inscrivent dans le fil de la pensée chrétienne. Une invitation à débattre et à réfléchir sur les enjeux actuels et futurs du projet de loi… Mettre des outils de réflexion à la disposition de toutes les personnes de bonne volonté quelle que soit leur position du moment, telle était justement la proposition du débat « Mariage pour tous : la filiation mise en cause ? » qui s’est tenu le 27 novembre dans le cadre des Mardis des Bernardins.

Le sujet de l’ouverture du mariage aux personnes de même sexe avait été abordé en 2012 dans le cadre de la campagne pour l’élection présidentielle. Cette fois, c’est sous le signe de l’avenir des conditions de la filiation que Marie-Anne Chapdelaine, député (PS) et présidente du conseil supérieur de l’adoption ;
Pierre Delvolvé, membre de l’Institut, professeur émérite de l’Université de Paris II ;
Eric Fassin, sociologue,
Coralie Gaffinel, avocate, spécialiste du droit de la famille, et Jean-Marie Andrés, de la Confédération nationale des Associations Familiales Catholiques, ont dégagé les lignes de force du projet de loi tout en démontrant qu’un véritable débat est non seulement possible, mais souhaitable.

La question de l’égalité sociale et familiale fut la première posée : est-on dans le cadre du rétablissement de l’égalité face à une institution discriminante? Au moment du PACS, qui établit une forme d’union civile, cette interrogation était apparue. De l’avis de tous les participants, tous les enjeux n’avaient pas été clairement abordés alors. S’y ajoute aujourd’hui la question de la procréation et de la filiation. Mariage, adoption, procréation médicalement assistée et gestation pour autrui ont été des sujets évoqués le 27 novembre. Le risque d’une « marchandisation des corps » n’a pas été éludé, mais il a fait l’objet de regards très divergents.

Quelques semaines avant que la presse s’empare plus généralement du sujet, le Collège des Bernardins a éclairé et mis en perspective les enjeux profonds du projet de loi. Le tout dans une atmosphère tout à fois animée, tendue parfois, mais de bonne tenue.